Restos. Le festival fait-il jazzer les assiettes?
Au port, ça swingue dans les assiettes et les sandwiches. Mais en centre-ville, c'est le blues: les restaurateurs n'arrivent pas tous à capter les ondes bénéfiques du festival de jazz.
Les restaurants sont-ils dans le tempo? Au port sans aucun doute. Avec la scène créée par la ville sur l'esplanade, la foule est bien là: les terrasses se remplissent et les assiettes se vident. Notamment au Gambetta. Pour Lucien Migliasso, le festival du jazz génère une hausse du chiffre d'affaires d'environ 20%. «On a senti l'impact dès lundi. Nous invitons un groupe tous les soirs et on fait le plein.Les gens viennent soit pour boire un verre, soit pour manger. Les gens sontheureux. On sent une effervescence». Même topo à la Croisière qui voit arriver depuis le début de la semaine une autre clientèle, plus posée entre 30 et 50 ans: «Lundi soir, on a eu beaucoup de monde», indique la patronne. A l'Atlantique, c'est que du positif: «Le podium sur le port, c'est bien. Mais il faut encore plus de communication entre les organisateurs et les commerces». Les restaurants ne sont pas les seuls à surfer sur la vague jazz: ça swingue aussi dans les sandwicheries! Chez «O Quai gourmand», on affiche un large sourire: «Lundi soir on a très bien travaillé. Le festival apporte un vrai plus».
Coup de blues en centre-ville
Dans le centre-ville, c'est une autre chanson: on a plutôt le blues! «Rien. Zéro. Tout se passe au port. En plus, ils ont installé une buvette et des casse-croûte au jardin de Limur», déplore Mikail Aktas, patron d'Akropolis, rue de Closmadeuc. «On aurait voulu que la ville installe un petit orchestre dans la rue». La Pierre à Griller rue Thiers, malgré un effort sur les horaires, dresse le même constat: «On a fait un menu jazz avec un plat et un café gratuit le soir de 18h à 20h pour permettre aux gens de manger avant le concert. Mais il n'y a aucun impact. Même après le concert, les festivaliers ne viennent pas». A la crêperie de la rue de Closmadeuc, l'humeur est un peu moins morose. La nouvelle direction propose une assiette jazzy avec la crêpe «Lousiane» et constate une hausse de la fréquentation: «Les gens arrivent dès 17h30 et veulent être servis très vite».
1.500 EUR le groupe, pour une soirée: pas question!
L'occasion était belle pour les restaurateurs du centre-ville, prompts à dénoncer la concurrence du village restaurants d'Atlanville de faire un coup: par exemple inviter des groupes... «Personne ne bouge», regrette la patronne de la Pierre à Griller. «Pas question de payer un groupe 1.500 EUR pour la soirée», lâche Mikail Aktas dont le chiffre d'affaires 2010 accuse déjà une chute de 50%. Et en périphérie, comment ça se passe? A Atlanville, l'impact jazz semble nul, du moins chez Maître Kanter et Hippopotamus. À Conleau, les notes de Jazz à Vannes ont du mal à arriver jusqu'au Roof, au grand regret du directeur Philippe Briquet. Mais La Brasserie Bleue au rond-point du Raquer parvient à les capter: tous les soirs, la terrasse du restaurant affiche complet pour profiter du Gwened Jazz Quartet! Avec un peu de chance, on peut même manger à côté des stars du festival après leur concert.
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Immersion dans l'univers des vacataires
Des lucioles aux coccinelles. On les avait vus, couverts d'un gilet jaune fluo, plaçant les figurants et défilant dans la ville lors des Fêtes historiques. Les vacataires reviennent, en uniforme rouge et noir pour Jazz à Vannes.
«On dormira la semaine prochaine!»
Ils sont quinze, jeunes, Bretons et motivés, sous la houlette de Nathalie Dagorne et Jean-Philippe Breton. Quinze à se relayer pendant la semaine du jazz, pour des journées qui débutent à 7h et se terminent à 2h du matin. «Le roulement fait qu'il n'y a pas de routine. Les journées ne se ressemblent pas, c'est cela qui est plaisant», se réjouit Alexane, qui découvre cette année cet emploi saisonnier.
Dès la fin des Fêtes historiques, les quinze jeunes se sont remis à la tâche pour préparer Jazz à Vannes. De la fatigue? «Bien sûr, mais on dormira la semaine prochaine», lance Doriane, étudiante en communication événementielle à Nantes.
Préparation de la scène, des loges, billetterie, ménage, aiguillage des spectateurs, «les rôles sont multiples et impliquent une responsabilisation importante», détaille Florence, qui vante une atmosphère de travail «sérieuse mais détendue», mise en place par Nathalie Dagorne, régisseur général du festival, et Jean-Philippe Breton.
Champagne frais et pâtes chaudes
Plus qu'un job d'été, le travail des vacataires est souvent intégré à un projet professionnel. «Je m'apprête à intégrer un master en organisation des manifestations culturelles à Aix-en-Provence et je vois ce job comme une véritable plus-value», souligne Alexane. Au contact direct des artistes, les vacataires distillent des anecdotes surprenantes. Certaines têtes d'affiche ont des petites habitudes auxquelles il faut savoir être attentif. «À sa sortie de scène, Dee Alexander voulait du champagne frais et des pâtes chaudes. Mais elle tardait à arriver. Il fallait sans cesse réchauffer les pâtes et faire le tour des bars pour trouver de nouveaux glaçons», sourit Florence. Jean-Noël, un «ancien», vacataire l'an dernier, est à l'unisson avec ses camarades. «Il faut le vivre à 300%. On ne trouve pas ça ailleurs». Sur la quinzaine de vacataires, la moitié était présente l'an dernier.
Petit dictionnaire du vacataire
Balances: répétitions. Catering: mot anglais qui signifie restauration, ravitaillement. Liste exhaustive des demandes des artistes avant et après le show. Pac: abréviation du Palais des arts et des congrès. Sac: service événementiel, ancien service des animations culturelles. Runner: chauffeur. Exercice: traduire la phrase suivante: les runners prennent-ils le catering avant ou après les balances?
Limur ont des oreilles
Une journée avec Robin McKelle Arrivée la veille de son concert, la belle Américaine a profité de la matinée pour aller courir, elle qui aime se défouler en écoutant Lady Gaga et Rihanna. Mais chut, elle n'assume pas! L'après-midi, Robin McKelle a trouvé les bases de sa prochaine chanson en résumant, en français dans le texte, son repas du midi: «Crevettes, huîtres et moules frites. It rhymes!», s'est-elle extasiée. Le soir, pendant son tour de chant, elle n'a pas manqué de souhaiter l'anniversaire de son bassiste Reggie Washington, d'un «Happy Birthday to you» timidement repris par le public. La journée de la chanteuse s'est terminée par une séance de dédicaces après le concert, ravie de sa performance: «Mes pieds sont fatigués, ça veut dire que ça s'est bien passé». Il n'y avait sans doute pas que les pieds qui étaient fatigués, car la star a oublié sa robe et sa trousse à maquillage en coulisses. Au milieu de la nuit, les organisateurs ont dû déposer les effets à l'accueil de l'hôtel. Robin dormait... À qui fera danser le public vannetais Pas facile de faire bouger le public vannetais. Une fois que le mélomane est posé sur son siège, son attention est telle qu'il bat à peine la mesure d'un pied timide. Hindi Zahra a pourtant réussi la prouesse de faire danser le public dès la moitié de son concert, dès le premier jour! Elle a eu beaucoup plus de mal à le faire chanter. À son tour, Robine McKelle a tout fait pour se mettre les Vannetais dans la poche, en passant par caresses et déclarations d'amour: «French lovers vous connaissez? Love, Amooor: c'est la France». Mais elle aura dû attendre ses deux derniers morceaux pour qu'enfin, on lui accorde quelques pas de danse. Hindi Zahra: «Il me la faut!» Jean-Philippe Breton a révélé hier que c'est Nathalie Dagorne, régisseur technique du festival, «qui a découvert Hindi Zahra. C'est elle qui l'a entendue. Elle m'a fait écouter le CD, j'ai tout de suite dit: «Il me la faut!» Et de préférence en exclusivité! «Il la voulait aux Vieilles Charrues, mais j'ai dit non! J'ai accepté pour le Festival du Bout du Monde parce que c'est après nous». Que faisait l'homme à la valise? Alors que Robine McKelle en est à son deuxième morceau, voilà un spectateur qui débarque avec sa valise et son ordinateur portable en bandoulière, faisant se lever tout un rang pour aller se placer. Et comme si ça ne suffisait pas, à peine ses bagages calés sous le siège, le monsieur ressort du rang pour aller se prendre un rafraîchissement. C'est bien ici le concert? Il jouait du piano debout... et allongé Sam Barsh, le pianiste de Robine McKelle s'en est donné à coeur joie. Il a commencé par jouer debout, mais cela Michel Berger l'a déjà appris aux Français. Il a donc fallu que l'Américain propose autre chose pour bluffer son auditoire. C'est donc allongé que l'artiste s'est mis derrière son piano. (Photo: Pascal Robert).
Le programme du jour
Au jardin de limur Eric LEGNINI, Trippin'
Né à Huy en Belgique le 20février 1970, Eric Legnini est l'un des pianistes les plus talentueux de la nouvelle scène Jazzistique Internationale. En1988 et1989, il étudie à New York avec le pianiste américain Richie Beirach. En 1990, de retour en Belgique, il enseigne le piano dans la section Jazz du Conservatoire royal de Bruxelles, poste qu'il occupe toujours. Eric Legnini est très présent sur la scène française et européenne. À21h. Au jardin de limur le Trio GALLIANO/LAGRENE/LOCKWOOD Richard Galliano est devenu le compositeur le plus influent dans le domaine de l'accordéon moderne. Sous ses doigts, l'instrument révèle une noblesse et une richesse extraordinaires. Chez Biréli Lagrène la musique bouillonne! Avec une guitare entre les mains, sa technique phénoménale et sa vélocité ailée ne sont pour lui que de simples accessoires. Elles participent uniquement à sa libre expression. Héros du genre fusion, Didier Lockwood a su aborder d'autres rives du continent jazz. Ce violoniste possède des talents d'improvisation bouleversants. Trois noms, trois personnalités de l'histoire du jazz, un trio qui se retrouve après tant d'années autour d'un projet inédit et presque impossible. À 22h30. A l'auditorium de Carmes Peter BUTLER & Alain BERNARD Quartet Partageant depuis une dizaine d'années leur passion du jazz et des standards, Peter Butler et Alain Bernard viennent d'enregistrer un album intitulé «jazz Me A new Songs». Fruit de leur collaboration autour de mélodies et textes originaux dans la plus pure tradition du swing, dont on se plaît à croire que ce seront de nouveaux standards. À 17h30.
Tremplin national de jazz sur l'esplanade du port
Il démarre cet après-midi, de 13h30 à 17h, rive droite du port (gratuit). Il permet aux promeneurs et aux amoureux du jazz de signaler l'ouverture de la manifestation. Cinq groupes se produiront dans trois catégories: blues, professionnel, amateur. Les lauréats joueront en ouverture des concerts du soir au jardin de Limur. À 20h30, lauréat du tremplin.
Jazz au cinéma: «Autour de minuit»
Pour la deuxième année consécutive, divers films ayant trait à la musique de jazz seront proposés à 14h30 gratuitement au cinéma LaGarenne durant toute la semaine du festival. A l'affiche aujourd'hui «Autour de minuit» de Bertrand Tavernier - 1985 - 2h11 - (Round Midnight). Musique: Herbie Hancock avec Lonette McKee, François Cluzet, Dexter Gordon... 1959. Dale Turner, un grand saxophoniste américain, est continuellement sous l'emprise de la drogue. De passage à Paris où il joue au Blue note, il rencontre un jeune dessinateur, Francis Borier, qui lui redonne le goût de la musique et avec lequel il se lie d'amitié.
Jazz dans les rues
L'intra-muros, Saint-Patern, le port, Kercado et Ménimur sont aussi sous le charme du jazz. On peut applaudit au détour d'une ruelle ou sur une placette: Esther & the Roaring Fourties, Sambaka, Lulu Jazz Band et Six Machine. Jams Sessions dans la cour de l'hôtel de Limur Dès aujourd'hui et toute la semaine, une scène ouverte est installée dans la cour de l'hôtel de Limur. Elle permet les échanges entre musiciens amateurs ou confirmés. Pas de compétition, pas de prix en jeu, seulement l'envie de se rencontrer entre amoureux du jazz.
Exposition: «Pit» à Limur
Pendant le festival, on peut admirer dans la cour de l'hôtel de Limur et au jardin de Limur les sculptures de Patrice Hubert, dit «Pit». On ne manquera pas d'admirer «Kinétic mécanik» dont l'influence se situe entre Jerôme Bosch et Giger en passant par de Vinci.
Réservations et tarifs en vente sur place
Fnac, France Billets: Fnac, Carrefour, Geant, Hyper U (tél.0.892.683.622). Ticketnet: Virgin Megatsore- Auchan- E.Leclerc, Galeries Lafayette-Cultura (tél. 0.892.697.073). À Vannes: maison du tourisme, Fnac, Carrefour, Leclerc, Espace Temps. Par Internet: www.fnac.com; www.francebillet.com; www.ticket net.fr. Sur place: Jardin de Limur par soirée: plein tarif 37 EUR, tarif réduit 32 EUR et moins de 26ans 20EUR. Avec le Pass: tarif plein 150 EUR et réduit 130EUR. Auditorium: 12EUR.
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