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Grippe A.Michelin, une usine prête à faire face

30 septembre 2009

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L'usine Michelin est prête à faire face au virus de la grippe A et des mesures ont été mises en place pour assurer la continuité de l'activité. Pour le directeur, ce n'est pas une première: il a déjà été confronté au Sras au Canada.

Bibendum est paré à faire face à une épidémie de grippe A.Une procédure unique pour toutes les usines du groupe a été élaborée par la cellule mise en place au siège, à Clermont-Ferrand: affichage, stock de masques, renforcement du nettoyage et un plan de continuité de l'activité... Le personnel a fait l'objet d'une campagne de communication renforcée et le directeur de l'usine de Vannes, John Milsted, est prêt à dégainer un train de mesures. L'homme est expérimenté puisqu'il a déjà été confronté à l'épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003 lorsqu'il était directeur de l'usine Michelin de Toronto, au Canada. Ces mesures s'inspirent de ce qui s'est déjà passé dans les autres usines du groupe qui ont déjà dû faire face au virus, comme au Mexique.

Le personnel classé en niveaux

Le personnel a été classé en quatre niveaux. En niveau 1, les salariés indispensables au travail quotidien, la grande majorité du personnel. «On a commencé à les sensibiliser sur les précautions: le lavage des mains, savoir éternuer. On a 11.500 masques type chirurgien pour éviter de contaminer (*)», dit John Milsted. Un des temps forts de cette sensibilisation a été la distribution d'un kit comprenant la liste de précautions, un masque, un savon et un flacon de solution hydroalcoolique... En niveau 2, une trentaine de personnes dont la présence physique n'est pas indispensable, notamment la logistique, les commandes, la gestion, la paye. Elles pourraient être appelées à travailler de chez elles, soit avec leur ordinateur personnel soit avec l'un des dix ordinateurs que l'usine a achetés à cet effet. En niveau 3, les commerciaux. La tréfilerie n'en a pas. Enfin, en niveau 4, une trentaine de personnes chargées de la sécurité et de la santé: infirmiers, le médecin, les secouristes et les pompiers de l'usine. «Nous avons organisé des sessions d'entraînement et nous avons acheté 750 masques FFP2, évitant d'être contaminé (*)».

Traitement de choc en cas d'alerte avérée

Quid des postes de direction, en premier lieu celui de John Milsted? «Ce genre de poste critique bénéficie de trois niveaux de suppléance», dit le directeur. S'il venait à tomber malade, c'est Pascal Lebled, le directeur des ressources humaines qui le remplacerait... Si l'alerte grippale passait en niveau 6, un traitement de choc viendrait s'ajouter à ce dispositif: port du masque obligatoire dans certaines zones, contacts rapprochés (bises...) interdits, poubelles séparées pour les mouchoirs, espacement des chaises dans les salles de repos et annulation des réunions non nécessaires. «Si un cas venait à se déclarer, j'avertis Clermont-Ferrand, dit John Milsted. Dès qu'on a plus de trois cas dans un atelier, on déclenche la cellule de crise. Depuis le mois de septembre, nous avons eu deux personnes présentant des symptômes grippaux sans savoir si c'était la grippe A.Cela a permis de roder le système».

(*) Avec la possibilité de s'approvisionner dans le stock global constitué au niveau de tous les sites d'Europe: 850.000 masques de chirurgiens et 50.000 masques respiratoires jetables de type FFP2.

  • Bertrand Le Bagousse

Des mesures pour protéger les salariés

Quelle conduite tenir en cas de suspicion de grippe chez un salarié? Comment adopter les mesures de précaution dans un salon de coiffure ou sur un chantier de BTP? Est-ce que les masques chirurgicaux sont aussi efficaces que les masques respiratoires? Autant de questions posées, hier matin, par les adhérents du Club des entreprises, lors de la réunion d'information sur la pandémie grippale, organisée par l'Association médicale interentreprises du Morbihan (Amiem), à Vannes.

Un PCA déjà bien préparé

«Les entreprises prennent aujourd'hui les mesures d'organisation et de prévention adéquates pour permettre la continuité de leur activité et assurer la protection de leurs salariés», explique Benoît Goullin, médecin du travail de l'Amiem et biologiste de formation. Ce plan de continuité d'activité (PCA) doit permettre à l'entreprise de poursuivre son activité même au plus fort de l'épidémie, où le taux d'absentéisme pourrait varier de 25% à 40%. «La plupart des grosses entreprises, des collectivités territoriales et des administrations ont déjà préparé leur PCA et pris contact avec leur médecin du travail. Ce sont les petites entreprises qui demandent le plus d'informations aujourd'hui», détaille Benoît Goullin.

Mesures d'hygiène

Dans les conseils prodigués, outre l'acquisition de solutions hydroalcooliques pour se laver les mains, l'achat de masques est prioritaire. «Au minimum des masques chirurgicaux anti-projections qui permettent d'éviter les contaminations. Sinon, des masques respiratoires jetables de type FFP2 qui filtrent l'air inspiré», précise le médecin. A prévoir donc, au moins deux masques par salarié sur une durée de deux semaines (certaines entreprises partent déjà sur trois masques). «C'est néanmoins un budget non négligeable pour les entreprises puisque le prix du masque respiratoire peut varier entre 0,60 et 1,20EUR». Concernant les mesures d'hygiène, le praticien a rappelé que tous les masques et mouchoirs seraient éliminés dans le circuit des ordures ménagères. «Sauf apparemment pour le secteur de la santé, puisque la Ddass préconise la filière des Dasri (*) pour les déchets infectieux», signale toutefois une participante.

(*) Déchets d'activité de soins à risques infectieux Pratique Prochaines réunions: à Ploërmel, le 2octobre, à 8h30; à Pontivy, le 15octobre, 8h30. Inscription auprès de l'Amiem, tél.02.97.64.25.79.
  • Virginie Lacaze

A savoir

Transmission du virus Par l'air: inhalation de gouttelettes. Par contact des mains portées au nez, aux yeux ou à la bouche après avoir touché des surfaces contaminées par des sécrétions respiratoires. Mesures d'hygiène à adopter Se couvrir la bouche lorsque l'on tousse. Se couvrir le nez chaque fois que l'on éternue. Se moucher et ne cracher que dans des mouchoirs en papier à usage unique que l'on jette immédiatement à la poubelle. Se nettoyer les mains régulièrement, en particulier après s'être mouché, avec de l'eau et du savon ou avec une solution hydroalcoolique. Attention: les ongles longs, bagues et bracelets constituent des pièges à microbes. Porter un masque chirurgical en cas d'éternuements ou de toux. Eviter poignées de mains et bises. Reconnaître les symptômes de la grippe AH1N1 Une brusque montée de température supérieure à 38 ºC, ou des courbatures musculaires, ou une fatigue intense et une toux ou des difficultés respiratoires. Que faire s'il y a suspicion de grippe? Ne pas se rendre à son travail, rester chez soi et appeler son médecin traitant qui organisera une consultation à un moment où il peut limiter les risques de contamination. Ne pas se présenter aux urgences. Les phases du plan gouvernemental de prévention Période interpandémique=pas de cas humain: phases 1 et 2. Période d'alerte pandémique=cas humains: phase 3 avec cas isolés sans transmission interhumaine et phases 4 et 5 avec transmission interhumaine. Période pandémique=cas humains: phase 6. Actuellement pour la grippe AH1N1, la France a entamé la phase 5 (phase 6 au niveau mondial selon l'Organisation mondiale de la santé). Sites pour plus d'informations Pour toute information concernant la grippe AH1N1, consulter les sites Internet: www.pandemie-grippale.gouv.fr (plan gouvernemental); www.sante.gouv (liste des distributeurs de masques FFP2); www.anact.fr (organiser la vie de l'entreprise); www.inpes.sante.fr (limiter les risques d'infection); www.inrs.fr (pandémie grippale et entreprises).
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