19 novembre 2009 - 1 réactions
Comme partouten France, les propriétairesde chiens «catégorisés» (attaque, garde ou défense) de l'agglomération vannetaise ont jusqu'à la fin de l'année pour se voir remettre un permis de détention. C'est la nouvelle loi.
L'actualité peut s'avérer mordante: le détenteur et le propriétaire d'un american staffordshire (ou «amstaff») ont écopé, mardi, devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), de peines respectives de six et trois mois de prison ferme. L'animal avait tué, en juin2006, une fillette âgée de 17mois dans une ville de ce département. Pas de quoi revaloriser l'image un rien sulfureuse de ce chien dit dangereux, classé en première (attaque) ou deuxième catégorie (garde ou défense) selon qu'il soit croisé ou de race. En font partie, également, le pitbull, le mastiff, le rottweiller et le tosa. En attendant, sous toute réserve, un élargissement à d'autres «molosses» (bull-terrier, cane corso, dogue allemand ou argentin)...
Plus de 2.000 animaux sur dix ans
Au gré des faits divers, l'État a choisi de renforcer, dans une loi datant du 20 juin de l'année passée, les «mesures de prévention et de protection» des citoyens «contre les chiens dangereux», rendant obligatoire l'obtention d'un permis de détention pour les maîtres concernés avant le jeudi 31décembre. À la clé, toute une série d'obligations. Mais faute, notamment, de formateurs agréés en nombre suffisant, la souplesse devrait être de mise, un délai supplémentaire pouvant être accordé. D'ailleurs, la forme même du sésame n'est pas encore arrêtée à ce jour. Ces professionnels oeuvrent dans des clubs canins, comme à Saint-Avé, ou directement à domicile, dans un endroit évidemment clos. À la préfecture du Morbihan, Claire Cadudal-Fleury tient la laisse du dossier «chiens dangereux». La responsable du bureau des politiques de sécurité publique recueille actuellement les données communiquées par les municipalités. Pour le moment, 150 communes, sur 261, ont répondu à une enquête répertoriant les animaux visés entre 1999 et maintenant. Bilan provisoire: 116 chiens d'attaque et 1.962 de défense.
Vingt chiens d'attaque recensés à Vannes
Ces chiffres sont néanmoins à prendre avec des pincettes, tempère Claire Cadudal-Fleury: «En réalité, ils sont inférieurs. Peu de communes nous ont signalé le nombre réel de chiens présents sur leur territoire à l'instant T.Certains animaux sont peut-être morts, sans compter les propriétaires qui ont déménagé ou qui se sont signalés dans leur ville d'arrivée». Là, les canidés sont parfois comptabilisés à deux reprises. Quelques exemples tout de même: à Vannes, les services municipaux ont recensé 20 «molosses» de première catégorie et 196de deuxième. Le rapport est de cinq pour 39 à Theix. Aucune présence de chien d'attaque relevée à Saint-Avé, Séné ou Ploeren. Pratique Pour tous renseignements sur la classification et la réglementation sur www.morbihan.pref.gouv.fr, rubrique «sécurité, risques, prévention».
Mardi, dans la matinée, au club canin de Saint-Avé. Daniel Guyot, 61 ans, a fait le déplacement de Brandivy pour prendre part au stage de sept heures imposé pour se voir délivrer l'attestation d'aptitude à détenir Attila, 4ans et 43kg. Un mélange de théorie et de pratique, distillé par Serge Sovy, le président des lieux et l'un des cinq formateurs actuellement reconnus dans le département. Propriétaire d'un canidé classé dans la deuxième catégorie, Daniel Guyot a ses raisons: «C'est pour garder la propriété. Je me suis déjà fait cambrioler, la maison était sens dessus dessous. Un déclic: quand on rentre chez vous, on pénètre dans votre intimité...». Et puis, «c'est un beau chien», avec sa robe noire aux tâches feu rappelant le beauceron, un berger plus élancé. Le stage, plus l'évaluation comportementale chez un vétérinaire agréé, également obligatoire en vue de l'obtention du permis de détention, reviennent à environ 300 EUR. Sans compter l'assurance ou la vaccination antirabique. «Un peu cher. Mais il y a des abus: des propriétaires ne prennent pas la mesure de leur responsabilité».
Il arrive que des maîtres, par irresponsabilité ou à la suite d'un moment d'inattention, perdent le contrôle de leur chien. Quand ils ne l'abandonnent pas. Ce dernier se retrouve alors à divaguer sur la voie publique. Un rottweiller n'ayant plus que la peau sur les os a récemment été aperçu rôdant dans la cité des Vénètes. Son détenteur était de Taupont, à quelque 50km de là. Pas plus tard que le samedi 7novembre, la fourrière vannetaise a mis la main sur un pitbull se trouvant dans la cage d'escalier d'une résidence de l'allée de Limoges. Il a été remis à son propriétaire, Vannetais depuis peu, qui disposait officiellement de huit jours ouvrés pour le récupérer. Passé ce laps de temps, la ville en devenait le propriétaire légal.
«Le propriétaire doit avoir conscience de sa responsabilité. Cela s'apparente à un port d'arme».

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